Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 00:22

Le besoin d'écrire est certes moins oppressant qu'à l'accoutume.  Il est néanmoins là, inflexible, bien que moins nerveux. Peut-être plus réfléchi, plus construit. A l'image de ce second rendez-vous. Je me suis plusieurs fois demandé s'il nécessitait qu'on puisse en parler. Tout, il me semblait, avait été dis dans un article précédent.
Cependant, au fil des lettres, syllabes, mots qui se succèdent, je me rends compte que j'ai bien fait de rejoindre mon havre!
Tout d'abord parce que ce rendez vous est le dernier avant sûrement un long moment. Qui sait même, peut-être jamais nous ne nous reverrons.
Et puis cette ultime rencontre s'est construite différemment. L'excitation, la crispation inhérente aux premières retrouvailles ont peu à peu laissé la place à la discussion, la confrontation d'idée, la construction d'un dialogue. On a en très peu de temps essayé de se raconter l'essentiel de nos vies. Quel était notre but en faisant ça? J'avoue ne pas y voir trop clair moi-même. Je dirai la volonté de partager.
Nos vies sont considérablement différentes, mais je sens que des passerelles existent. Elle a dans sa vie des choses que je recherche: l'aventure, la découverte de nouvelles cultures, l'ambition. J'ai dans ma vie des choses qu'elle désire: une vie de famille, l'amour, un foyer, la stabilité. Elle s'en défend pourtant, mais il me semble la connaître depuis toujours...
Il y a eu lors de notre rendez-vous des instants encore plus agréables. Simples et enjoués, à notre image. Comme ce PMU qui nous a accueilli. Nous étions les plus jeunes. Elle était la seule fille. Dans ce tableau composé d'écorchés viciés par des années de mauvais blanc et d'insuffisants gains, nous sommes passés. Nous nous sommes prêtés au jeu le temps de 5 rapidos, tous perdant, mais qui, l'espace de quelques secondes nous agitaient tous deux dans une excitation commune. Mon plus beau gain de cette journée était pourtant devant mes yeux à ce moment là.
Un autre moment des plus sympas fut quand, sortant de notre dernier troquet, titubant sous l'effet d'une ingestion sans doute un peu trop rapide de sa bière, elle me heurta doucement, se raccrocha presque imperceptiblement à mon bras. Cette impression tactile me ramena des années en arrière, alors comme pour lui montrer que j'étais revenu là, pour elle, j'ai pris ces épaules entre mes mains, et l'ai maintenu l'espace de quelques pas. J'ai eu a cet instant la volonté de lui transmettre l'aspect chaleureux et fraternels de nos rapports. Je ne saurais peut-être jamais si elle l'a ressenti ainsi.
Il y eu enfin entre nous ces déclarations sur nos vies, nos douleurs personnels. Elles sont sortis tour à tour naturellement au milieu de nos discussions. Comme des SOS qu'on se lançait. Malheureusement nous savions tous les deux, que nous ne pourrions rien faire l'un pour l'autre. L'heure de la séparation arrivait déjà. Je l'ai raccompagné donc, cette chic fille, cette amie chère.
A l'heure à laquelle j'écris, son départ pour le Canada est imminent. Je suis bien conscient de la difficulté de notre relation et des risques qu'elle entraîne dans nos vies. Il n'empêche: je suis triste.
Malgré tout je lui souhaite bon vent. Va, vois et triomphe...

Par Pédroloco
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