Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 08:20
Au secours! Laissez moi écrire. J'ai une flamme intérieure qui se consume doucement. Des palpitations m'envahissent. Mes doigts tremblent. Je m'énerve sans arrêt, je trépigne! Mais laissez moi donc écrire. Laissez moi vous dire que ça y est. Je l'ai vu. J'ai parlé avec elle. Elle était devant moi. Nous avons bu un coup ensemble. Une heure ou deux durant nous avons échangé. De quoi? De rien de trois fois rien, mais là n'était pas le principal. Il suffisait juste que nous soyons ensemble.
Je lui ai donc fixé rendez-vous chez elle en début d'après-midi. J'ai sonné, elle a ouvert, je suis entré. Cette scène, je l'avais déjà fait cent fois, mais la dernière fois que je l'avais faite, c'était il y a 7 ans. On peut se raconter ce qu'on veut, ce qui touche en premier, c'est de trouver un repère. C'est un peu comme une caresse maternelle de retourner dans un endroit des années après, et de voir que rien n'a changé, en apparence du moins, et que l'accueil est chaleureux, sans question embarrassante, juste un accueil simple et rafraîchissant comme si nous étions partis la veille.
Et elle, elle n'a pas changé. Son visage, son regard. Le même que par le passé. Comment se peut-il que rien n'ai changé chez elle. Je ne peux y croire un seul instant. Je sens juste une volonté commune d'effacer temporairement ses sept années, de se ménager le temps d'un rendez-vous, le temps d'une heure, le temps d'un moment, une île qui nous laisse à l'écart de ce monde et du temps.
Je l'enlève donc et nous partons en voiture. Signe le plus apparent du temps qui passe? La dernière foi que je l'ai fait monter, il y avait des pares-soleil 'attention, bébé à bord'! Cette fois plus de pare-soleil. Juste deux sièges auto.
On décide de retourner à l'endroit où nous allions souvent à l'époque. Le décor lui même semble s'être prêté au jeu! On commande des bières, et on parle. De tout de rien, surtout de rien de grave, en tout cas de rien d'important, mais qu'importe. Je la laisse mener la discussion. C'est elle qui gère la barque. Un noeud me tord le ventre. Mon regard n'ose pas croiser le sien. Seulement à de rares instants où je prends mon courage à deux mains et je la fixe. Ça dure peut-être 2 ou trois secondes à chaque fois, mais je ne peux pas insister. Je ne veux pas la mettre mal à l'aise.
Ce que je retiens de notre discussion. Elle ne semble pas baisser la tête. Elle dégage une sincérité et une fraîcheur étonnantes, qui je me rappelle avoir eu, puis perdu, il y a bien longtemps, lassé des assauts de la vie. Elle semble plus forte en tout cas que moi sur ce point. Sa détermination est grande, et ça peut se comprendre.
Déjà il est l'heure. Je la raccompagne. La barque accoste, Je reviens sur terre. Ma parenthèse enchantée se termine et je reprends le cours de ma vie.
Je veux la revoir. Elle me jure qu'elle aussi. Nous verrons bien. Depuis que je l'ai déposé, son visage me hante, ses phrases se répètent comme une farandole de mots. Mais je dois gérer mon quotidien, nager et surnager pour éviter les écueils. Reprendre le combat. Non pas que je sois malheureux. C'est ma vie. Je l'ai choisi et elle ne saurait être plus belle ailleurs. On a seulement besoin, l'espace d'un instant, d'une pause magnifique, du sourire qui nous fait chavirer depuis si longtemps désormais...
Par Pédroloco
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