Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 09:49

J'ai dormi 3h après avoir passé la nuit dans un endroit crasseux, balayé par les effluves suffoquantes du convecteur et l'air glacial de l'extérieur qui se propage par les interstices à peines cachés de ces vieux murs lézardés.

J'ai l'esprit embrumé, et la gorge douloureuse. La journée promet d'être longue. Et dire que je remets ça le soir même!

Alors je me pose quelques instants devant mon ordi, pour recharger un peu mes batteries.

Il es 10h. Dehors, l'hiver est enfin arrivé. Le ciel est couvert, et même mon chien, d'habitude si bougeon, est recroquevillé au fond de son panier.

J'ai eu ces derniers jours des nouvelles de mon excellente amie R. Il faut dire que je l'avais bien sollicité par ailleurs. Des suites peu glorieuses de la fille au pull blanc, que je raconterai peut-être un jour, si le coeur m'en dit. R. était donc là, une fois de plus, pour me distiller ses conseils. Elle l'avait déjà fait souvent par le passé, mais surement jamais sur des sujets que je juge aussi sensibles. Toujours est-il que de fil en aiguille, je sens que cette confiance supplémentaire que je lui ai accordée la pousse à se livrer elle-même plus profondément.

Toujours battante, elle a baissé quelques instants son armure, m'offrant ses anxiétés. Ca faisait longtemps que je n'avais pas pu voir ces douleurs. Le temps, la distance nous avaient éloignés. Nous le sommes encore d'ailleurs, mais un pas l'un vers l'autre a été fait, c'est indéniable.

Toujours est-il que j'ai essayé de l'aider comme elle a dû le faire. Mais mes propos à son égard ont toujours été incomplets, censurés par la sacrosainte amitié fragile entre un gars et une fille.

Alors pour me resourcer aujourd'hui, je vais essayer de les dires ici, et qui sait, un jour peut-être, je lui dirai directement.

Alors je voudrai juste lui dire que je l'aime de cet amour fraternel, qui me fait souffrir à ses douleurs. Je me sens proche d'elle de par mon histoire. Mais je regrette aussi tellement de n'avoir pas su ménager notre relation, et surtout, je regrette au fond de moi de ne pas être près d'elle dans des moments difficiles. Une chose me remplit de joie: qu'elle ait trouvé une protection.

Voilà toute la complexité de cet amoutié! Je ne me risquerai probablement jamais à lui dire aussi clairement, peur d'une incompréhension sans doute.

Par Pédroloco
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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 18:10

Les traits sont fins. La nuque, longue, surgissait d'une chevelure plus repoussée que soignée. Puis elle se réfugiait sous les mailles serrés de ce pull blanc dont je ne voyais que le dos. Parfois c'est vrai, en penchant la tête, je pouvais voir une manche d'où s'échappait finalement une main aux doigts longs.

J'ai passé des heures, des jours à regarder cette fille. Jamais cependant dans les yeux. Elle me fascinait. Elle était là, détachée, quasiment anachronique. Le chahut n'avait aucun effet sur elle. En fait, durant tout ce temps d'observation depuis mon bureau, rien ne m'a parut avoir de l'effet sur elle.

Les années lycée s'en sont allées, emportant tout avec elles. et puis un jour, ce nom qui réapparait, ce pull blanc qui ressurgit. Je cherche quelques infos. Elle est née le même jour que moi. Ca arrive, mais c'est troublant. A l'époque mon anniversaire était joyeusement annoncé en classe. Comment se fait-il que je n'ai pas fait le rapprochement avant? Et là, en plus du pull blanc, c'est toutes mes interrogations qui reviennent.

Je l'ai revu quelques instants lors d'une réunion des anciens combattants du lycée. Là, j'ai essayé de la regarder dans les yeux. Ils m'ont transmis une grande tristesse.

Je ne suis ni insensible, ni mère Teresa, mais j'aimerai en savoir plus

Par Pédroloco
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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 17:58

Le temps passe. Mes interventions se sont espacées. Mais le besoin d'écrire s'est repointé cet après-midi. Oh je le vois bien me tourner autour depuis quelques temps. Souvent il m'approche quand, sur ma bicyclette, je traverse Rhône et Saône.

Je ne me l'explique pas. Il est seulement présent, réconfortant comme cette bouée sur le pont du chalutier.

Je le repousse souvent, agacé, ne sachant quoi dire, n'arrivant pas à délier ces mots qui se bousculent, se battent pour venir se livrer au tableau glacé d'un écran d'ordinateur. Et pourquoi faire d'ailleurs? Même s'ils parvenaient à s'échapper vers la toile, vers le vaste monde, personne ne les lirait. C'est le problème d'une bouteille dans une mer sans côte.

Qu'importe, le besoin es là, fidèle comme le chien pour son maître. C'est le tic-tac de l'horloge du salon qui, lancinant, chuchote à votre oreille de prendre vos doigts et de pianoter frénétiquement la partition d'une vie merdique et merveilleuse. D'une vie en somme.

Par Pédroloco
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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 14:38

Les vacances s'échappent doucement. Bientôt il ne restera que quelques photos barriolées de jaune, de rouge, de bleu. Déjà le bronzage disparait. Le boulot a repris et de nouveaux défis sont prêts à être relevés.

On se sent un nouvel homme, avec une ambition décuplée: réussir tout ce qu'on entreprend. A croire qu'en trois semaines à peine, on oublie notre condition!

Et pourtant je me revois, chargeant la voiture avant le départ. Le regard était las, vidé d'un quelconque appétit. Ca ne ressemblait pas à de la fatigue, plus à de l'absence d'envie, de la résignation. Le véhicule de ma vie échapait à mon contrôle.

Aujourd'hui je me sens au contraire d'attaque, capable de remettre les deux mains sur le volant et d'appuyer à fond sur l'accélérateur.

Trois semaines de détente feraient-elles oublier l'âpreté de la vie. Mener de front vie professionnelle, amoureuse, familiale semblait une gageure. Et trois semaines après, on y rajoute un troisième loustique! Inconscience? Complètement. Et pourtant j'ai l'espoir. Un espoir fou aujourd'hui: réussir tout ce que j'entreprends.

Alors une question me taraude: est-ce que la réussite de ma vie dépend de la réussite de mes espoirs?

Mais pourquoi me plaindrais-je? Car c'est bien moi qui ai les clés en main. Et combien voudrait être sûr d'avoir pour avenir leurs espoirs, même si ça ne dure que le temps d'un retour de vacances.

Par Pédroloco
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 10:27

IMG00056-20100508-0939.jpgNe vous est-il jamais arrivé, à des moments tous plus improbables les uns des autres, de lever le nez et d'observer ce qui vous entoure?

Mon petit garçon de 4 ans se réveille parfois en sursaut la nuit, et déambule quelques instants entre les pièces. Il donne l'a sensation d'être perdu au beau milieu de son cocon.

Ce sentiment d'être infime au milieu de ce vaste monde, nous le connaissons tous. Et parfois il provoque un sentiment de panique.

Parfois seulement car, pour ma part il me rassure.

Dans ma vie, tout va à 100 à l'heure. Un coup je suis là, et deux secondes après je suis parti. Un coup je ressens de la tristesse, vite chassée par de la fierté. Bref je vis comme tout le monde mais je me rends bien compte d'une chose: je ne maîtrise rien, pas même le cours de ma vie. Là est pour moi la vrai panique!

Dans ces moments, je lève le nez et j'observe. Je regarde ce monde qui m'entoure et je me dis que ce n'est pas grave, que tout est possible. Quelque soit la difficulté traversée, je sais qu'il me restera une possibilité.

Le monde autour est pour sûr hors de toute mesure, mais chaque cm2 révèle une capacité d'adaptation de l'homme et je reste jour après jour ébloui par ses prouesses.

Et en plus j'ai la volonté de croire qu'observer est le meilleur moyen de s'instruire, et l'instruction rend moins peureux...

Par Pédroloco
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